Jeux de rôles: qu’est-ce que c’est?

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de mon loisir favori, à savoir le jeu de rôle (parfois abrégé en jdr). Je me suis aperçue que j’ai déjà écrit quelques articles parlant de jdr sans expliquer ce que c’est, prenant pour acquis que mes lecteurs savent de quoi je parle. Ce qui n’est peut-être pas le cas.

Je vais vous parler ici du jeu de rôle dit « sur table », où il n’y a pas d’ordinateur (ce sont des jeux vidéos dit RPG: Roleplaying Game), pas de costumes (on serait alors dans un jeu de rôle Grandeur Nature où les joueurs effectuent réellement les actions de leurs personnages).

Dans les années 90, ce loisir a été plus ou moins montré du doigt du doigt dans les médias car il dévoierait la jeunesse, pire que le rock ou le shit, c’est dire. Heureusement pour moi, je n’ai pas vécu cette période, j’étais à l’école primaire et loin de connaître le jeu de rôle.

Je suis venue au jdr pas totalement par hasard: dès que j’ai pu avoir internet illimité, je me suis inscrite dans des jeux en lignes où l’on incarnait un personnage qui vivait des aventures (Rome jpem puis les Royaumes Renaissants). Lors des discussions entre joueurs, il arrivait que certains parlent du jeu de rôle comme étant LE type de jeu qui avait inspiré celui où nous étions et dont nos pratiques en ligne n’étaient qu’un pâle reflet.

Un jour, lors d’une rencontre IRL (In Real Life: en vrai, en chair et en os) entre joueurs, une des personnes présentes a proposé de nous masteriser une partie de Vampire Dark Ages. Que de grands mots qui m’étaient inconnus. Masteriser est un anglicisme qui désigne le fait pour une personne de tenir le rôle de Maître de Jeu (abrégé MJ) dans une partie de jeu de rôle. Vampire Dark Ages est un jeu où l’on incarne des vampires à l’époque médiévale dans une ambiance proche du film Entretien avec un Vampire.

Il allait falloir créer des personnages: c’est-à-dire imaginer leur passé, leur apparence, leurs manies, tout ce qui caractérise une personne en fait, on appelle cela le background du personnage (oui, c’est un loisir né aux Etats-Unis, donc les anglicismes y sont courant). Ça ça allait, cela m’était familier avec les jeux en ligne, et de manière plus générale avec les films, livres et autres.

Mais ça ne suffisait pas pour dire qu’un personnage était utilisable pour ce jeu. Il allait falloir remplir la feuille de personnage remplie de cases intitulées compétences, caractéristiques, pouvoirs… Autant de termes étranges qui peuvent rebuter. Je découvrais un des principes de bases du jeu de rôle: les règles du jeu (spécifiques à chaque jeu. Ah.) tendent à permettre au joueur et à l’ensemble du groupe de déterminer la réussite ou l’échec d’une d’action.

Exemple: mon personnage souhaite sauter d’un mur de 1 m.

Dans la réalité, il a peu de chances de se rater et de se faire mal (sauf vraie poisse). On ne fera probablement pas intervenir le système de règles dans ce cas.

Mais si le mur fait 2.5 m, ça devient plus difficile. En prenant son temps, en étant en bonne forme, ça peut le faire. Si on est en train de fuir quelque chose, ça va devenir beaucoup plus ardu. Les règles du jeu ont pour but de prendre en compte ces différents paramètres pour déterminer le succès ou l’échec. Il sera ainsi beaucoup plus facile de sauter du mur de 1m que de celui de 2.5m.

Pourquoi des règles différentes suivant le jeu? Pour permettre de retranscrire l’ambiance du jeu. Reprenons mon exemple du mur à sauter. Si l’on joue des super-héros, il y a peu de chances que mon personnage n’y arrive pas (Iron Man ne pas réussir à sauter d’un mur de 2 m? Peu probable.) Mais si l’on incarne des vieillards échappés d’un hospice, là, même le mur de 1 m devient un enjeu vital. La difficulté relative n’est donc pas la même selon l’ambiance du jeu.

Arrive la partie elle-même de jeu de rôle.

Où je découvre qu’un dé peut avoir plus, ou moins, de 6 faces. Les plus courants sont les dés à 4, 6, 8, 10, 12 et 20 faces (notés 1d8, 3d20… pour indiquer qu’on va utiliser 1 dé à 8 faces, 3 dés à 20 faces,…). Et qu’il y a une infinité de couleurs, et que non, les chiffres ne sont pas forcément écrits avec des points, mais également avec des vrais chiffres arabes ou même d’autres symboles.

Où je découvre qu’un jeu peut être dans un autre format qu’une boîte avec des pions, sous la forme d’un livre par exemple. Ou de plusieurs livres qui viennent compléter le livre de base. Le livre de base est le socle dans lequel le jeu est décrit: on y trouve une présentation de l’univers et des règles spécifiques à ce jeu.

Nous nous asseyons autour de la table. Nous sommes trois joueurs novices et le Maître du Jeu qui nous explique comment ça va se passer. Chaque joueur incarne un personnage comme un acteur joue son rôle, à la différence que les répliques ne sont pas écrites à l’avance et que les actions du personnage sont libres. Vous ne vous êtes jamais dit en lisant un livre « à la place du héros, je n’aurais pas fait ça. Mais ça. » ? C’est le principe du jeu de rôle. Le rôle du MJ est de faire réagir le contexte de jeu en réponse aux actions des personnages. Ainsi, c’est lui qui incarnera les personnages qui ne sont pas incarnés par des joueurs (appelés Personnages Non Joueurs, PNJ), et qui décrira l’environnement où évolue les personnages. Dans un jeu vidéo, il serait la cinématique.

Généralement, la situation se passe ainsi:

MJ: « Vous arrivez dans une ville. Il est tard, le ciel est lourd, il va probablement pleuvoir d’ici peu. Mais vous êtes déjà en retard sur votre horaire, votre destination étant la ville suivante. Que faites-vous?

Joueur 1 qui incarne un personnage (pour faire court on désigne son personnage comme un Personnage Joueur, ou PJ): PJ 2 est blessé. Il nous ralentit. Si nous le faisons soigner ce soir, on pourra peut-être rattraper une partie du retard demain.

PJ2: Justement je vous ralentis. Si vous me laissez, vous pouvez continuer ce soir . Je vous rattraperai après avoir été soigné.

PJ1: D’accord. Notre mission est vraiment cruciale. Si tu te sens de rester seul, ça me va.

PJ3 au MJ: On essaie de trouver une bonne auberge pour PJ2 et on lui laisse de l’argent pour le médecin. Puis on se dépêche de quitter la ville pour atteindre au plus vite notre destination finale.

MJ: La ville où vous êtes est réputée pour sa faculté de médecine, vous n’avez aucun mal à trouver un étudiant de dernière année qui prend en charge PJ2. Alors que PJ1 et PJ3, s’éloignent de la ville, au détour d’un virage, un groupe d’hommes armés semblent les attendre de pied ferme. Que faites-vous? »

C’est ce « que faites-vous? » qui redonne la main aux joueurs qui vont alors devoir réagir à la nouvelle situation, et ainsi de suite. L’histoire se construit peu à peu, au fur et à mesure du dialogue. Les joueurs posent des questions au MJ sur l’environnement, l’attitude de tel PNJ, le temps qu’il fait, la situation politique du lieu où ils sont…. ce qui leur permet de se représenter les enjeux de la scène et de faire agir leur personnage en conséquence.

Quand on demande combien de temps dure une partie de jeu de rôle, on obtient parfois la réponse « plusieurs années », ce qui refroidirait le plus motivé des néophyte. C’est à la fois vrai et faux.

Dans le jeu de rôle, le but est de vivre des aventures, des histoires. Une histoire a un début, un milieu et une fin. Une histoire peut être très courte (ex: une nouvelle) ou très longue (ex: une saga en neuf tomes). Ainsi, une soirée de jdr peut permettre de vivre une histoire complète ou simplement un morceau.

Lorsque vous regardez un film, vous savez qu’au bout des 2h, vous aurez le fin mot de l’histoire. Ça peut être la même chose en jeu de rôle: on appelle cela un one-shot: une histoire jouée en une fois, qui se suffit à elle-même.

Mais vous pouvez préférez les longues histoires avec beaucoup de ramifications, à la manière d’une série télévisée. Chaque épisode aura une histoire, mais l’histoire globale de la série s’apprécie sur une ou plusieurs saisons. En jeu de rôle, on appelle cela une campagne: une suite d’histoires liées entre elles.

La durée d’une partie varie d’un groupe de joueurs à l’autre. J’ai l’habitude de jouer environ 4h par partie, mais d’autres groupes peuvent jouer une dizaine d’heures d’affilée. Jouer moins de 4 heures est toujours possible, notamment pour l’initiation de nouveaux joueurs qui sont parfois rebutés quand on leur annonce une partie qui dure 4h.

Sur des scénarios complexes, plusieurs soirées sont parfois nécessaires. Le moment où l’on s’arrête est décidé d’un commun accord entre les joueurs. La fois suivante on reprendra simplement où l’on s’était arrêté, sans changer d’histoire.

Ce que j’aime dans ce loisir ce sont les interactions avec les autres joueurs, l’anticipation de la partie suivante quand je réfléchis à la dernière aventure et que je me dis « et si l’assassin était Machin? Après tout, on a tel et tel indice. A la prochaine partie, je demanderai au MJ si Machin a un casier judiciaire. » Et en tant qu’MJ occasionnel, j’aime imaginer des histoires dans lesquels plonger les joueurs, explorer des univers imaginaires ou faire des recherches sur la période où se passera l’aventure.

Si vous avez l’occasion de tester l’aventure du jeu de rôle, ne la ratez pas. Si vous connaissez quelqu’un qui joue, n’hésitez pas à lui demander de vous faire une partie d’initiation, les rôlistes (ceux qui jouent aux jeux de rôles) aiment à faire connaître leur loisir.

Si ce que je vous ai raconté vous a intéressé et que vous vous demandez quels types de jeux existent, n’hésitez pas à aller sur le site du Guide du Rôliste Galactique, GROG pour les intimes, qui est l’encyclopédie française des jeux de rôles.

5 Commentaires

  1. Quoi on peut jouer moins de 6h ? Je me suis fait eu ! Première partie que j’ai faite 12h. Deuxième partie 6h. Et quand mon namoureux joue, c’est toujours de 14/15h jusqu’à 21h…
    Pour moi c’est trop, donc depuis je n’ai jamais rejoué.

    • Tout dépend des groupes. Nous jouons le vendredi soir généralement de 20h à minuit. J’ai déjà fait un week-end à jouer tout le samedi aprem, le soir et une partie de la nuit, pour finir le dimanche aprem, mais après j’étais totalement hs. Mais c’était fun (suis pas sûre que je pourrais le refaire par contre).

    • Il y a certains jeux qui le permettent aussi. Le premier auquel je pense est Toon, dans lequel on joue un cartoon. C’est écrit *dans les règles* qu’il faut s’arrêter au bout d’une heure trente. Mais de toute manière, on a tellement mal aux abdos et aux zygomatiques que la fin du film est bien accueillie.

      Sinon, il y a des micro-jeux qui peuvent tenir en deux ou trois heures, Lasers & Feelings, par John Harper, par exemple.

  2. Merci pour cette présentation du JDR, ça donne envie de découvrir. 🙂

  3. Je vois que tu as mentionner Romejpem, jeu que je masterise actuellement. L’avantage de ce type de jeu de rôle ouvert sur internet c’est qu’il te laisse le choix dans la durée que tu veux passer sur le jeu, cela peu aller de vingt minutes tous les soirs à une heure le week-end, voir deux à trois heures par soir dans les cas extrême. Mais ce sont des rythmes que le joueurs s’imposent à lui même.

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