1632 de Eric Flint

Un jour, au tout début des années 2000.

Un lieu, Grantville, petite ville minière de Virginie.

Un évènement, le mariage de Tom Simpson et de Rita Stearns.

Un imprévu, un grand cercle de lumière qui vient transplanter tout ce petit univers dans un autre: la Thuringe, 1631, en pleine guerre de Trente Ans.

Le premier défi sera de survivre.

Voici le pitch de ce roman, premier d’une très longue saga. L’auteur tente de répondre à une question très simple mais complexe: que se passerait-il si nous étions brusquement transportés dans le temps et l’espace? Cela fait immédiatement penser au film Les Visiteurs, à l’Île Mystérieuse, à Robinson Crusoé et surtout à Un Yankee à la cour du roi Arthur de Mark Twain. Sauf qu’à la différence de ces œuvres, 1632 transportent toute une ville et ses habitants, leurs maisons, leur mine, leurs voitures, leur usine électrique, leurs armes (on est pas aux États-Unis pour rien) mais surtout, leurs connaissances. Le premier réflexe est de se dire: les doigts dans le nez, avec les armes modernes, l’électricité et les livres d’histoire, ils vont conquérir l’Europe, quel intérêt?

Mais tout n’est pas si simple, car les Américains vont devoir s’habituer aux mœurs du temps (barrière de la langue pour commencer: l’allemand est pas particulièrement connu aux États-Unis), et les habitants du 17ème siècle vont réagir à ces gens venus d’ailleurs. On est en pleine apogée de l’Inquisition je vous rappelle.

La question de la raison de ce qui va être appelé l’Anneau de Feu est évacuée dès le prologue, très vite on prend pour acquis que la situation est irréversible. Au contraire des habituelles œuvres traitant du voyage dans le temps, le but de l’intrigue n’est pas de retourner dans son époque mais de faire son trou dans le temps et l’espace présent. C’est ce que les habitants de Grantville vont tenter de faire, dans un style très américain.

Au-delà de l’intrigue et des personnages intéressants, 1632 est pour moi une satisfaction personnelle car c’est le premier roman que je lis en anglais sans avoir lu la traduction française auparavant. Car oui, il n’a pas été traduit, malheureusement. C’est d’ailleurs le seul défaut que je trouve à cette saga.

Parlons de la saga d’ailleurs. Ce n’est pas une série romans linéaires car il s’agit plus d’un univers « open source ». L’auteur a fait appel à d’autres, des fans ont écrit des fan-fictions qui, si elles sont publiées dans la Grantville Gazette (un magazine électronique), deviennent canons. De plus, certains des romans se passent en parallèle les uns des autres, traitant de lieux et de personnages différents. Il y a une dizaine de romans, trois anthologies de nouvelles (Ring of Fire I à III) et 42 numéros de la Grantville Gazette à l’heure actuelle. Pour ne pas (trop) se perdre dans tout ça, l’auteur initial a écrit un article sur l’ordre conseillé de lecture.

Un mot sur le mode de publication: la série est éditée par Baen Books qui a une politique très volontariste en matière d’ebook, en offrant souvent le premier tome d’une saga gratuitement, sans DRM. D’ailleurs, 1632 est disponible intégralement, gratuitement, légalement à cette adresse (page web uniquement). Si vous avez le moindre doute sur le niveau d’anglais nécessaire, c’est le meilleur moyen de tester.

Bref, un très bon livre, à tester d’urgence si vous lisez l’anglais.

Un monde où les lycéens wargamers deviennent des tacticiens militaires et où les reconstituteurs de la Guerre de Sécession sont promus sergents instructeurs, comment résister?

Un Commentaire

  1. Je ne sais pas si mon niveau d’anglais sera suffisant… mais ça me tente bien!
    L’idée de voyager dans le temps et l’espace me plaît beaucoup. Je vais voir si je peux le récupérer. 🙂

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